Retour accueil

société des instituteurs et institutrices primaires de France

jeudi 1er février 2018

Premiers groupements

« L’un des premiers, sinon le premier groupement d’éducateurs de ce pays, fut la société des instituteurs et institutrices primaires de France, organisée en 1831 par un jeune instituteur d’école mutuelle, Philibert Pompée, qui devait, par la suite, devenir directeur de l’école Turgot. » Son rôle semble avoir été cependant fort modeste.

Il n’en fut pas de même d’Arsène Meunier auquel revient l’honneur d’avoir été le pionnier du syndicalisme universitaire…

Fils d’ouvrier d’usine, maître d’école, il appartenait sous la restauration à l’opposition la plus avancée. Après la Révolution de Juillet, qu’il salua avec enthousiasme, il fut l’un des premiers à protester contre les usurpations de la nouvelle royauté. En 1832, à la suite d’un concourt, il devient directeur de l’Ecole Normale d’Evreux, il professe ouvertement les principes démocratiques. Pendant dix ans, il lutte avec courage contre la persécution politique et cléricale. En 1842, afin de défendre ses idées avec plus d’indépendance, il donne sa démission et devient instituteur privé à Paris. Il consacre sa plume à la cause du progrès et de l’enseignement, qui en est inséparable.

En janvier 1845, il lance l’Echo des Instituteurs. Journal de combat qui se propose un double objet : « Révéler le mal, montrer le remède. » Sa publication est accueillie dans le monde des enseignants primaires avec une certaine faveur. L’élite des maîtres d’école se sent ragaillardie par la publication d’un journal qui est leur et qui permettra peut-être aux « cris dispersés de quarante mille malheureux de parvenir à se faire entendre au sein des Chambres législatives ». Grâce à cet hebdomadaire, l’idée est lancée de créer un projet d’association entre tous les instituteurs laïques de France, à l’effet de se prêter un mutuel secours dans les luttes qu’ils ont à soutenir. La Société pour l’émancipation de l’enseignement ne vit jamais le jour, car la Révolution de 1848 éclata…

En dehors de ce projet d’association, on peut découvrir aussi dans cette série « d’échos » une préfiguration de l’action revendicative que poursuivront les syndicats, soixante ans plus tard…

Il prend une part importante à la journée du 24 février 1848… Accusé de communisme, au cours de la campagne électorale, dans l’Eure, il s’en défend véhémentement, se déclare un ardent défenseur de la famille et de la propriété… En avril 1850, L.-A. Meunier est traduit en justice parce que, dans l’Echo des Instituteurs, il prodigue à ses collègues les conseils les plus coupables et professe les théories les plus subversives. Il est acquitté.

Ardent républicain, épris de liberté et de progrès, il confondit l’Ecole et la République. Toute sa vie il lutta contre le cléricalisme et le conservatisme social, pour l’amélioration du sort des instituteurs et une instruction plus poussée du peuple. (Histoire du mouvement syndicaliste révolutionnaire chez les instituteurs, Max Ferré)

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |